Un projet collectif en recherche de soutien

Pour un lieu d’accueil, de transition sociale et écologique

 

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Qui sommes-nous ?
Nous sommes un groupe de personnes issues des milieux de l’animation, du soin, de l’éducation spécialisée et de l’éducation à l’environnement. L’une d’entre nous est en cours de formation en agriculture.
Nous sommes plusieurs à avoir dirigé des séjours de vacances, à avoir travaillé pour des structures d’action socioculturelle, à avoir monté des projets ponctuels autour de l’animation locale ou de création de séjours. Nous avons par ailleurs créé en 2012 une association loi 1901, « Les Vents qui Sèment », pour mener des expériences pédagogiques autour de la décision partagée, et mettre en place des animations locales dans notre commune (Sainte-Marie d’Alloix en Isère).
Aujourd’hui, ce groupe est constitué d’un noyau de 6 personnes qui souhaitent s’investir pleinement dans la création d’un lieu permanent d’accueil et d’animation.

Ce que nous recherchons
Nos expériences et recherches nous ont menés à plusieurs réflexions.
Nous considérons que le modèle économique et social basé sur l’idée de croissance a aujourd’hui atteint ses limites, voire qu’il nous mène à une impasse. Nous vivons au- dessus des moyens de la planète, et le monopole de l’intérêt économique crée des conséquences de plus en plus visibles sur l’environnement, mais également sur les dynamiques sociales.
Nombreuses sont déjà les personnes qui font vivre des voies plurielles pour sortir de cette impasse, mais nous avons le sentiment que les initiatives créées sont encore trop peu nombreuses et fragiles. Il nous semble donc nécessaire et urgent de les multiplier pour ouvrir à d’autres modes d’organisation.
En écho à plusieurs expériences déjà menées (1) , nous émettons l’hypothèse que ces initiatives doivent remettre l’individu en relation avec le collectif sans qu’il s’y noie. Il est ainsi invité à reprendre conscience de ses capacités et responsabilités. Nous considérons que l’échelle locale est une des conditions à ce renversement.
Dans les milieux de l’action socioculturelle, de l’éducation et du soin, nous pensons que cela passe par une relation à l’autre qui intègre toutes les dimensions des personnes, et où les praticiens font « avec » ceux qu’ils accompagnent.
Nous pensons également qu’il n’y a pas de barrière étanche entre les domaines de la société, et que « soigner » ou « éduquer » passe aujourd’hui par la mise en relation des différentes pratiques. L’art, la création artisanale, l’agriculture, le rapport sensible à la nature… beaucoup de voies sont aujourd’hui explorées pour une approche « holistique » du travail social ou médical, et nous souhaitons en continuer l’expérience.
L’idée qui est née de toutes ces réflexions et expériences pratiques déjà menées en séjours est la suivante : nous voulons faire vivre un lieu qui serait l’articulation entre trois pôles. Ces pôles sont : une structure d’accueil, une structure agricole, et un ensemble d’ateliers et d’animations autour de l’artisanat et l’éco-construction. Un lieu d’accueil, d’animation, de soin et de formation qui se vivent dans la circulation entre ces différents pôles.
Nous voulons que le lieu se situe en milieu rural, intégré aux dynamiques locales déjà en place, mais en relation avec les pôles urbains. Nous souhaitons qu’en accueillant des publics très variés, ce lieu permette la rencontre entre des personnes d’origines sociales et culturelles différentes.
Nous voulons penser l’organisation de la vie du lieu en construction partagée, en évolution permanente. Elle émanera de ceux qui l’animent et de ceux qui y sont accueillis, en cohérence avec ceux qui l’entourent.
Il nous semble enfin essentiel que l’organisation matérielle de ce lieu et les initiatives qui y seront prises soient pensées dans une perspective écologique, intégrant les contraintes connues en matière de consommation énergétique, d’éco-construction, mais également dans la consommation quotidienne.

En pratique…
Nous avons passé les dernières années à préciser nos intentions, à échanger avec des structures déjà existantes, à nous former afin de mettre ce projet en œuvre.
Aujourd’hui, nous cherchons à acquérir un lieu, ou à en avoir la gérance.
Nous sommes à la recherche de soutiens matériel et financier, logistique, juridique et institutionnel, et nous sommes à l’écoute de toutes les participations possibles.
Voici ce que que nous espérons trouver :

La maison d’accueil
Nous recherchons une structure de petite échelle, dont la capacité d’accueil pourrait monter au maximum à 40-50 lits. Ce lieu doit être conforme aux normes de l’accueil de mineurs et de public handicapé, ou aménageable dans ce sens. Il peut s’agir d’un lieu déjà habilité, ou d’un bâtiment à rénover.
Nous voulons aménager ce lieu pour qu’il permette une réelle participation de toutes les personnes accueillies à la vie de la maison. Par exemple, la cuisine doit être pensée pour une utilisation collective dans le respect des normes d’hygiène.
Si nous devons en faire l’achat, nous envisageons plusieurs possibilités dont la création d’une SCI (2) dans laquelle les personnes et institutions intéressées à soutenir le projet pourront prendre des parts.
Nous envisageons aussi un partenariat avec une commune qui pourrait rester propriétaire du lieu et nous en confier la gestion.
D’autres formes juridiques sont envisageables, tant qu’elles nous garantissent une certaine indépendance dans notre façon de concevoir le projet et de le faire évoluer.

La structure agricole
Nous souhaitons que le lieu soit en relation avec une ferme maraîchère biologique qui intègre une dimension pédagogique. Si cette ferme existe déjà sur le lieu où nous nous implantons, nous souhaitons pouvoir y mener des activités avec les publics accueillis, et nous y approvisionner pour que les produits servis soient issus d’une production locale.
Si cette ferme n’existe pas encore, nous souhaitons installer une activité de maraîchage biologique de petite échelle. Sa production sera destinée au centre mais également à la population locale, sous forme d’AMAP par exemple. L’activité pédagogique sera également ouverte aux autres structures locales.
Nous estimons qu’il est préférable que cette activité soit indépendante économiquement de la structure d’accueil, mais il y a pour nous une coopération étroite entre les deux structures.
Le jardin sera ainsi un lieu d’échange et de découverte pour les publics accueillis.
Si nous devons installer cette activité, nous envisageons de le faire dans l’esprit des expériences menées aujourd’hui en permaculture (3) .

L’artisanat et l’éco-construction
Nous souhaitons un accès à des ateliers dotés de matériel et d’espace suffisants pour de la création artisanale, au service de la vie de la maison et des initiatives des personnes accueillies.
Il peut s’agir d’artisans indépendants déjà en exercice dans l’environnement de la maison d’accueil qui acceptent des activités partagées. Sinon, nous voulons installer des activités d’artisanat qui développent les techniques d’éco- et d’auto-construction (4) ,les solutions écologiques pour l’énergie, le jardin, la cuisine… L’idée est qu’il s’agisse d’un pôle d’activité accessible et vivant, permettant l’évolution matérielle du lieu, la création artistique, l’apprentissage des techniques, les projets collectifs, etc.

Vie artistique et culturelle, sensibilisation à l’environnement
Si les pôles agricole et artisanal demandent des structures matérielles, ils ne seront pas les seuls types d’activités proposés.
Nous souhaitons que les animations soient riches et variées, et que des projets de différentes natures y soient accueillis et rendus possibles. Il nous semble important de faire une large part aux activités culturelles et artistiques: musique, théâtre, cirque…
Mais aussi à des activités qui favorisent la sensibilisation à la nature, comme des randonnées à la journée, des mini-séjours en bivouac ou refuge, des activités de découverte et d’observation, etc.

Les types de publics accueillis
Nous souhaitons que le lieu permette l’accueil de séjours de vacances, classes découvertes, groupes venant de structures sociales ou spécialisées dans le handicap, familles, vacanciers… Il nous semble essentiel que la population locale puisse participer aux activités et être en relation avec les publics accueillis. Nous voulons aussi que notre projet ne soit pas en concurrence avec des activités déjà en place.
Dans nos expériences précédentes, nous avons travaillé avec des jeunes ayant une maladie chronique, construisant des séjours d’ « éducation thérapeutique » (5) . La richesse de ces séjours et de la réflexion permise sur la question du soin nous donne envie de continuer d’en organiser. Notre intention est d’accueillir des publics variés, afin de permettre à des personnes vivant des situations très différentes de se rencontrer au travers des activités proposées.

Précisions sur nos orientations pédagogiques
Depuis 2012, nous travaillons sur des séjours de vacances qui mettent l’accent sur le partage de la décision avec les jeunes. Nous avons participé à des recherches pédagogiques et faisons partie d’un réseau de praticiens-chercheurs (6) dont la réflexion principale est : « comment travailler avec les usagers ? ».
Dans ces séjours par exemple, nous avons pu mettre en place des conseils d’enfants, des outils d’expression, des façons de travailler en équipe qui mettaient l’accent sur la bienveillance de l’adulte. L’intention est d’autoriser les jeunes à se sentir libres et capables de modifier le cadre, de prendre des responsabilités au sein du collectif, de se faire une place qui correspond à leur individualité au sein du groupe.
C’est en continuité avec ces pratiques et réflexions que nous souhaitons travailler avec les publics accueillis, et entre nous.
Chaque personne impliquée dans la vie du lieu doit avoir la possibilité réelle de participer aux prises de décisions qui la concernent.
Nous voulons permettre l’expérience d’une organisation coopérative du vivre- ensemble.
Ce mode d’organisation s’applique également au sein du collectif porteur du projet, et avec ceux qui s’y associent.

La présence du jardin, des ateliers d’artisanat et toutes les autres activités proposées sont pour nous essentielles dans cette orientation. S’ils sont l’occasion d’une découverte de savoir-faire et l’occasion d’une réflexion sur la question écologique, nous les considérons surtout comme des lieux de création, de valorisation, d’apprentissage et d’échange privilégiés. Des lieux où ce qui se passera ne sera pas préalablement défini par un « objectif pédagogique », mais correspondra d’autant mieux à ce que chacun peut y trouver et y construire.

Formation et construction de savoirs
Ce que nous recherchons dans la façon de faire vivre ce lieu a une valeur expérimentale. Nous souhaitons qu’elle soit enrichie de regards extérieurs et puisse nourrir d’autres initiatives. Nous envisageons donc que le lieu accueille aussi des formations et des temps d’échanges autour de ces pratiques.
Dans le réseau des « pédagogies de la décision », des praticiens et chercheurs souhaitent participer au projet et s’appuyer sur ce qui s’y met en place pour la construction collective de savoirs. C’est pour nous une chance de participer à de telles recherches, et une garantie de poursuivre des questionnements plus larges sur les modèles d’éducation et de soin.

Comment nous aider ?
Nous sommes aujourd’hui en recherche active de soutiens auprès des instances publiques et dans nos réseaux. L’un de nos principaux obstacles est financier : nos capacités d’autofinancement sont réduites, et nous n’envisageons pas de trop nous endetter à titre personnel. La dimension expérimentale du projet suppose une sécurité matérielle au départ, afin que la contrainte économique ne prenne pas le dessus sur toutes les autres intentions.

Nous sommes donc à la recherche de personnes ou institutions (association, société, collectivités…) qui souhaiteraient en permettre la réalisation, notamment par une participation financière.

 

Les possibilités de participer sont nombreuses :

– Nous pensons que la réalisation de notre projet a de grandes chances de se faire en partenariat avec une commune qui posséderait déjà un centre et trouverait un intérêt à notre activité dans la dynamique locale. Vous pouvez relayer les informations concernant notre projet, en parler autour de vous, nous mettre en relation avec des personnes qui pourraient vouloir nous soutenir ;
– Dans le cas où il faudrait acquérir le bâti, nous créerons une structure juridique au sein de laquelle vous pourrez prendre des parts ;
– Nous allons mener des campagnes de financement participatif. Vous pouvez nous contacter si vous souhaitez en être informés ;
– Nous avons créé en 2012 une association, « Les Vents qui Sèment », qui sert de structure pour la réalisation de notre projet. Par ce biais, il est possible de faire des dons.
– Nous aurons besoin de bénévoles sur des actions et des événements ponctuels : chantiers participatifs sur la maison d’accueil ou le jardin, création d’outils de communication, aide aux accueils, etc. Si vous souhaitez être tenus au courant, vous pouvez déjà nous signaler votre intérêt.
– Nos idées et projets se sont construits dans le dialogue et l’observation, la mise en relation de nos idées avec la réalité de ce qui existe et des personnes qui nous rejoignent. Nous continuons de rechercher des avis, des retours, des idées, des participations… N’hésitez pas à nous contacter directement, à nous proposer des rencontres, à nous faire savoir ce que vous pensez !

Pour toutes ces possibilités, nous sommes joignables à l’adresse suivante :
accueil.collectif@laposte.net
ou par téléphone au 06.78.64.58.36 (Salomé) ou au 06.20.40.75.75 (Ludovic)

Pour le collectif,
Salomé CEGARRA, Anne-Solenn QUÉMÉNER, Marie GUILLEMIN, Ludovic FERCHAUD, Benjamin POQUET, Marine ANDRÉ.

Téléchargez le document en pdf : Projet collectif_présentation

1 Expériences en animation locale dans notre commune (Sainte-Marie d’Alloix, Isère) menées par le biais de notre association Les Vents qui Sèment ; expériences professionnelles et associatives avec des structures d’éducation populaire ; séjours de vacances pour enfants et adolescents en recherche-action sur les « pédagogies de la décision » menées avec l’association Aide aux Jeunes Diabétiques et Jean-Michel Bocquet, chercheur en sciences de l’éducation, (Université de Rouen).

2 SCI : Société Civile Immobilière

3 Permaculture : concept développé dans les années 1970 par Bill Mollison, biologiste australien. Il décrit aujourd’hui des systèmes de culture qui imitent les écosystèmes naturels, dans l’idée de ne pas épuiser les sols, et de ne pas opposer agriculture et biodiversité, et de penser l’agriculture en cohérence avec les dynamiques humaines.

4 La réappropriation ou la création collective de savoirs et techniques afin de fabriquer, entretenir, réparer les outils et machines nécessaires aux activités personnelles et professionnelles (outillage agricole, production d’eau chaude sanitaire, électroménager, véhicule sobres…).

5 Séjours d’éducation thérapeutique avec l’AJD, association loi 1901 « Aide aux Jeunes Diabétiques ». Ces séjours ont été notamment le support de nos expériences en « pédagogies de la décision », dans le cadre d’une recherche- action menée par Jean-Michel Bocquet (Université de Rouen).

6 Réseau des « Pédagogies de la décision ». L’idée de ces pédagogies a été formulée en 1995 par Jean Houssaye, chercheur en sciences de l’éducation. Relayée dans différents milieux, il ne s’agit pas d’une méthode figée, mais d’un ensemble de concepts qui guident le « faire avec » (des enfants, des personnes en insertion socioprofessionnelle, des usagers d’un service…). Un réseau de praticiens et de chercheurs s’est formé en 2014 et organise aujourd’hui des rencontres et des publications.

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